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 Ma musique /armust bledge/
 
 
 
 
HISTOIRE DU LUTHIER
L'HISTOIRE D'UN HERITAGE.

Un jour de Juin 1660, Alfred Delalyre, violoniste à la cour du Roi de France, entrait dans Crémone, commissioné par sa majesté pour acheter deux violons au fameux luthier Nicolas Amati.

Après plusieurs semaines sur les dangereuses routes de France, après le rude passage transalpin, Delalyre se trouve enfin devant les murailles dorées de Crémone.

A la vue des quarantes églises de la cité dont aucune ne possèdait d'orgue, il crut entendre la rumeur des centaines de violons insufflant à la ville la musique sacrée des églises. Il comprit la croissance du nombre faramineux des luthiers dans cette ville.

Avançant d'un petit trot pour passer une des portes de Crémone, son cheval buta sur un mendiant.

- "Eh, manant, va par ton chemin et laisse un noble françois passer les portes de ces remparts."

Le vagabond lombard, rusé et malin réussit à soutirer 1 sol à l'étranger.

- "Je vous guiderai à travers ces petites ruelles mais ayez pitié d'un pauvre bougre. 1 sol pour une soupe au pain sera mon seul salaire."

Delalyre accepta et les voilà tous deux frappant le pavé en direction de la boutique d'Amati.

Talonnant le mendiant, le violonniste réussit à s'extirper des cochons et des oies qui jalonnaient les venelles.
  • "Sommes-nous encore très éloigné de l'atelier Amati ?" Au même moment, un jeune homme d'1 quinzaine d'année fut arrêté par le mendiant :
  • " N'es tu pas le jeune apprenti de Nicolas Amati ? Voici un de ses clients ; veux tu nous conduire jusqu'à à lui ?"
Antoine Stradivari, encore au service du son maître revenait d'une commision.
  • " Nicolas m'a envoyé chez l'apothicaire droguiste pour le réapprovisionner en huile d'aspic, résine de sang-dragon, sandaraque et essence de térébentine. Il en a besoin au plus vite pour la composition de son vernis. Suivez moi, je rentre de ce pas lui fournir ses potions."
Tout près de là ils arrivèrent devant une enseigne en fer crissant et balançant un violon dans la bise.

A travers les vitres sombres, on pouvait voir tous les disciples penchés, avec un regard sacré sur les éclisses ou les tables de violes et violons.

Le maître, lui était plongé dans la contemplation de son dernier instrument.

Il le portait par le manche, le bras tendu et observait d'un oeil la bombature du fond.Puis levant enfin son regard vers Delalyre :
  • " Entrez très noble étranger. Je reconnais à votre costume la livrée des violonniste du Roi. Allons donc parler de notre affaire dans l'arrière boutique." Les deux violons attendaient Delalyre sur un précieux tissus de soie noire. Il en choisit un pour l'essayer. Un son chaud et mélancolique envahit l'atelier. Cette musique toucha en plein coeur les apprentis peu habitué à ce genre profane. Jamais ils n' avaient entendu autre chose que les mélopées religieuses jouées par les traditionnels musiciens qu'étaient les moines.
  • Soudain Amati coupa court à cette cérémonie. Bien qu'amoureux de cette musique nouvelle, il désirait avant tout connaître la valeur que le roi de France accordait à son art.
  • - "J'ai dans ma bourse 20 ducats d'argent que le Roi vous envoie..." proposa Delalyre.
  • - " Diantre votre roi est plus pingre encore que les moines et les princes lombard !" S'exclama-t-il.- " Savez vous que ces violons sont le fruit d'un labeur qui débuta sur les pentes nords des Alpes; là un bucheron, une soirée sans lune abatit un épicea au plus dense de la nuit..." S'en suivit une longue tirade d'Amati sur la fabrication de ses chefs d'oeuvre.
  • Delalyre, les yeux pétillant voyait dans cet étrange artisan une nouvelle sorte de magicien.
  • Il sortit 30 ducats, les posa sur la soie noire et salua bien bas son luthier.
  • Il s'apprêtait à repartir de l'autre côté des Alpes. Après un court repos à l'auberge où il se revigora d'un breuvage intordable, il ficela les violons à sa monture et franchit à nouveau les portes de la ville. Mais cette fois ce n'est pas contre un mendiant qu'il buta mais contre un personnage plus ténébreux encore. Sa bourse étant vide, il ne put répondre à la requête de ce démon de peintre à la recherche d'un client pour ces toiles incomprises. Celui-ci entreprit alors de dépouiller le jeune noble. Mais lorsqu'il découvrit dans ses bagages les deux violons, il devint fou de rage.
  • Des paroles insensées accompagnèrent les injures.
  • - " Tu as vidé ta bourse pour de vulgaires caisses de bois trouée de "esses" et tu refuses de voir en mes toiles la prophètie de ma peinture ?!!" Dans sa rage il sortit une dague de sa cape et perfora l'abdomen du Français. C'est son fantôme qui s'est réincarné dans le corps du luthier Alexandre Renault qui pérénise la curiosité de Delalyre pour Amati dans la confection des violons, tout en cherchant aussi à retrouver le génie du peintre obscure et assassin dans ses tableaux abstaits.
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Alexandre RENAULT - LUTHIER - Instruments à cordes
36 av du Giffre
74100 ANNEMASSE

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